Politique

Organisation des élections au Sénégal: l’opposition propose une « Haute autorité indépendant »

Opposition sénégalaise Idrissa Seck Ousmane Sonko
des leader de l'opposition sénégalaise

Les Autorités en charge de l’organisation et de la gestion des Élections et des Médias «publics» seront au cœur des débats du jour à la Commission du dialogue politique. Pour l’opposition, à la place du ministère de l’Intérieur dont le patron est jugé partisan, elle propose une Haute autorité indépendante, pour gérer et organiser les élections. Aussi, elle réclame une Haute autorité pour la gestion des médias publics.

L’opposition n’est pas loin de la proposition de la société civile. Même si elle ne parle pas de ministère, pour la gestion des élections, elle propose une «Haute Autorité indépendante» chargée d’organiser et de gérer les élections. Cela, dit-elle, pour «redonner la confiance entre acteurs».

Si elle a fait une telle proposition, c’est parce que l’opposition dénonce la «partialité, maintes fois constatées du ministre de l’Intérieur, militant et responsable du parti au pouvoir», ainsi que «les manquements répétés de l’actuelle Cena», notamment dans son rapport sur les élections législatives, où elle a avoué que c’est l’administration qui, en un moment donné, avait pris sur elle la responsabilité d’envoyer en vrac et sans tri les cartes d’électeurs, provoquant ainsi toutes les perturbations qui s’en sont suivies.

Une Haute autorité des médias «indépendante, dotée de compétence de sanctionner les dirigeants des médias publics»

Pour la structure qui aura en charge la gestion des médias «publics», l’opposition propose une «Haute autorité des médias». Un organe qui, selon la proposition, sera «indépendant, doté de pouvoirs et de moyens, impliqué dans la procédure de nomination (proposition de liste de dirigeants potentiels parmi lesquels l’Exécutif fera son choix)». Cette haute autorité aura, entre autres missions de «réguler le secteur des médias et de garantir l’accès à l’information et l’accès équitable aux médias du service public à tous les citoyens et aux organisations politiques, syndicales et sociales».

Elle pourrait également avoir «compétence de sanctionner les dirigeants des médias publics qu’il pourra révoquer en tant que de besoin». Ces réformes sont d’autant plus nécessaires pour l’opposition que le pouvoir s’accapare des médias publics d’où sont quasiment exclus les opposants.

Or, précisent les opposants, «aux termes de la loi sur les partis politiques, les partis membres de la coalition au pouvoir n’ont pas plus de droit que les partis membres des différents fronts de l’opposition». En ce sens, Sourang et Cie notent qu’en dehors des périodes de campagne électorale où l’égalité entre les différents partis est rompue au profit de la représentativité définie et appliquée sous le contrôle de l’autorité de régulation des médias, les dirigeants de la Rts n’ont aucun droit de privilégier les partis au pouvoir dans le traitement de leurs manifestations.

Mbaye THIANDOUM – Les Echos

Top 10 de l'info

Haut