Politique

Convoqué à la Cybercriminalité : Badara Gadiaga serein s’abat sur Ousmane Sonko et le Pastef

Ousmane Sonko - Amadou Ba - Badara Gadiaga
Ousmane Sonko - Amadou Ba - Badara Gadiaga

24 heures après la convocation du journaliste et patron du groupe Avenir Communication Madiambal Diagne, c’est le chroniqueur de la Télé Futurs Médias (Tfm) Badara Gadiaga qui est attendu ce mercredi 9 juillet dans les locaux de la Cybercriminalité. Cette convocation fait suite à des propos tenus dans l’émission « Jakaarlo Bi », qui ont suscité une vive controverse après un échange tendu avec le député de Pastef, Amadou Ba. Le chroniqueur réagit avec fermeté et dénonce une atteinte à la liberté d’expression.

La scène s’est déroulée dans l’émission « Jakaarlo Bi » du vendredi 4 juillet. Face au député Amadou Ba de Pastef, Badara Gadiaga, chroniqueur régulier de l’émission diffusée sur la TFM, a eu des échanges musclés. Selon plusieurs sources proches du parti de l’opposition, les propos de Gadiaga, jugés offensants envers le leader de Pastef, Ousmane Sonko, ont été à l’origine d’une plainte ou du moins d’une interpellation adressée au procureur de la République. Résultat : une nouvelle convocation judiciaire visant un acteur médiatique, moins de 24 heures après celle du journaliste Madiambal Diagne.

Dans une vidéo diffusée sur ses réseaux sociaux, Badara Gadiaga a confirmé avoir été convoqué par un officier de la Division spéciale de la cybercriminalité. « Mes chers compatriotes, je voudrais vous informer que j’ai reçu il y a peu un appel d’un certain lieutenant Diallo de la Cybercriminalité. Celui-ci m’a fait savoir que j’étais convoqué (…) à 15 heures. S’il plaît à Dieu, j’irais répondre à cette convocation », déclare-t-il dans un ton calme mais résolu.

Puis, le chroniqueur enchaîne sur une charge directe contre Ousmane Sonko, leader du parti Pastef, qui, selon lui, n’a pas montré le même respect envers la justice sénégalaise. « J’ai toujours dit que quand la justice de ton pays te convoque qui que tu sois tu dois aller répondre. Parce que comme je l’ai toujours dit, il n’y a pas d’alternative à la justice. Contrairement à Ousmane Sonko qui avait pris la fuite quand la justice sénégalaise l’a convoqué, moi j’irais répondre à la justice de mon pays. », a déclaré Badara Gadiaga.

Mais au-delà de la convocation, c’est la nature même de celle-ci que Badara Gadiaga dénonce. Pour lui, la procédure relève d’un deux poids deux mesures dans un pays qui se dit démocratique. « C’est dommage que dans une démocratie comme le Sénégal, la justice puisse convoquer une personne parce qu’il a malmené le parti au pouvoir ou son leader. »

Revenant sur le contexte de l’émission, il précise que ses propos ne faisaient que répondre à une attaque verbale du député Amadou Ba, qu’il accuse de ne pas assumer ses propres invectives. « Tout ce que j’ai fait c’est répliquer à une attaque d’Amadou Ba, qui visiblement n’a pas su encaisser des coups après en avoir donné. Mais le plus malheureux c’est qu’ils se soient réfugiés derrière le procureur de la République. », déclare-t-il encore.

S’exprimant sans filtre, Gadiaga n’a pas hésité à rappeler que les termes les plus controversés de l’émission — « prostituée » et « client » — n’étaient pas de son fait initial. « Les deux mots qui font le tour du web et qui ont scandalisé tout le Sénégal sont : prostituée et client. Ces deux mots ont été prononcés par Amadou Ba et tout ce que j’ai fait c’est de répéter ces mots pour attirer son attention sur la gravité de ses propos », a-t-il assuré.

Dans un ton grave, empreint de défi et de fierté, le chroniqueur affirme qu’il ne reculera pas. « Par cette vidéo, je voudrais informer tous mes soutiens que je suis serein, que j’irai répondre parce que dans ma lignée il n’y a pas un seul qui a une fois fui ses responsabilités. Comme je l’ai toujours dit, je préfère aller en prison pendant 100 ans que vivre une seule minute sans ma dignité », a encore fait savoir Badara Gadiaga.

Cette nouvelle convocation relance le débat sur la liberté d’expression au Sénégal et l’instrumentalisation présumée de la justice pour faire taire des voix critiques. En moins de 48 heures, deux personnalités médiatiques sont appelées à s’expliquer devant les services spécialisés, dans un contexte politique marqué par une extrême sensibilité autour des critiques visant Pastef et son leader.

La suite dépendra de l’attitude du parquet, mais aussi de la réaction de la société civile et des acteurs médiatiques, de plus en plus nombreux à dénoncer une forme de « criminalisation de la parole publique ». Pour l’heure, Badara Gadiaga maintient son cap : répondre à la justice, mais sans se taire.

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