Diplomatie

Parrainage au Sénégal : le gouvernement recarde une mission d’observation de l’Union Européenne, après la publication d’un rapport

Macky Sall et UE
Macky Sall et le président de la commission de l’UE Jean Claude Juncker

Au Sénégal, suite à la publication du rapport de la mission d’observation de l’Union européenne, dont l’un des points essentiels est relatif au parrainage citoyen lors de la présidentielle de février dernier, le Ministère de l’Intérieur a tenu à répondre à la mission venue de Bruxelles. Il l’a fait dans un communiqué dont une copie est parvenue à KLINFOS.COM.

Dans sa note, le ministre de l’Intérieur rappelle que le parrainage a existé depuis fort longtemps dans notre législation.

« Elle a juste fait l’objet d’une extension aux partis et coalitions de partis politiques et aux élections locales pour des besoins de rationalisation face à une inflation progressive des candidatures », fait-il savoir.

Et d’ajouter : « C’est en toute souveraineté que cette extension a été faite par le peuple sénégalais à travers la représentation nationale. Toute modification ultérieure sera le fait du peuple sénégalais souverain dans les mêmes formes », écrit Aly Ngouille Ndiaye .

De plus, s’indigne-t-il, « cette recommandation va au-delà de l’objet pour lequel l’observation électorale a été effectuée, en ce qu’elle dépasse le cadre de l’élection présidentielle ».

Dans un rapport publié Lundi, la Mission d’observation électorale de l’Union européenne (MOE-UE) a recommandé l’abandon du parrainage-citoyen afin d’éviter d’éventuelles difficultés d’application politique et organisationnelle lors des élections locales prévues en décembre.

« Au titre des recommandations prioritaires, la MOE UE préconise l’abandon du parrainage-citoyen pour les élections locales, dont l’application poserait des problèmes politiques et organisationnels sérieux », a déclaré la cheffe de la MOE-UE, Elena Valenciano , lors d’une conférence de presse de présentation de son rapport final d’observation de la présidentielle de février dernier.

Mais pour le spécialiste en communication politique et membre de l’opposition sénégalaise, Mouhamadou Lamine Bara Lo , Il faudrait d’abord que Aly Ngouille Ndiaye précise ce qu’il entend par “peuple souverain”.

« Les représentants du peuple au parlement? Le collège universel par voie référendaire? », questionne-t-il.

Avant de répondre sans attendre que pour la réforme du parrainage, c’est le régime qui Al n’avait pas jugé nécessaire de l’inclure au référendum de 2016 ou d’en convoquer un nouveau en 2018.

« Qu’ils disent tout simplement que les députés, la majorité parlementaire, décidera de l’avenir du parrainage qui, il faut le dire, est caduque au regard de son rôle dans “l’ingénierie électorale” de 2019 », martèle l’opposant.

Terminant, il se demande si on doit parler de “peuple souverain” au Sénégal si ceux qui le composent n’ont plus le droit de se rassembler et exiger la lumière sur une affaire publique sans que le ministère de l’intérieur, dirigé par celui convoque la souveraineté populaire aujourd’hui, ne les gaze avec “leurs impôts”?

Rappelons que l’Assemblée nationale du Sénégal a adopté en avril 2018, une loi instaurant le parrainage des candidatures à toutes les élections.

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