Téra Meeting : Ousmane Sonko exige les têtes d’Abdourahmane Diouf et Mimi Touré

Dans un discours offensif mêlant fidélité, rigueur et avertissements, le Premier ministre Ousmane Sonko a frontalement accusé Abdourahmane Diouf de vouloir s’immiscer dans le duo qu’il forme avec le président Bassirou Diomaye Faye. Sans la nommer, il a également visé l’ancienne Première ministre Mimi Touré, qu’il soupçonne de jouer le même jeu d’ambiguïtés politiques. Entre appels à la justice, discipline interne et cap vers les locales, Sonko a voulu rappeler qui fixe désormais la ligne.
Le Premier ministre Ousmane Sonko a profité de son dernier discours politique pour livrer une véritable mise au point, aussi bien à l’opposition qu’à certains alliés jugés trop pressés. Dans une allocution dense et stratégique, le chef du gouvernement a dessiné les contours d’un nouveau cycle politique marqué par la rigueur, la transparence et la loyauté.
Un discours sous tension
Dès l’entame, le ton était donné : Sonko a d’abord salué les militants et rendu hommage aux victimes des répressions survenues sous le régime de Macky Sall. Mais très vite, il a déplacé le débat sur le terrain de la loyauté politique, pointant ce qu’il appelle « les manœuvres d’infiltration et de division » dans le camp du pouvoir.
Abdourahman Diouf et Mimi Touré dans le viseur
Sans détour, le Premier ministre a directement ciblé Abdourahmane Diouf, l’accusant de « vouloir s’immiscer dans le duo fraternel Diomaye–Sonko ». Selon lui, les récentes prises de parole du leader d’Awalé traduisent une « volonté d’entretenir la confusion et d’affaiblir la cohésion gouvernementale ». Et d’ajouter : « Ses sorties sur une prétendue gestion nébuleuse sont en réalité le signe d’un agenda caché que le peuple finira par comprendre. »
Mais la flèche la plus subtile était réservée à une autre figure : sans la citer nommément, Sonko a visé l’ancienne Première ministre Aminata Touré, connue pour ses critiques fluctuantes envers le pouvoir actuel. Selon lui, certains acteurs « feignent de soutenir la rupture tout en travaillant à la division », jouant un « double jeu » qui, à terme, « ne trompera personne ».
Ces propos, lourds de sous-entendus, ont été accueillis par une salve d’applaudissements nourris. Pour nombre d’observateurs, il s’agit d’une réponse directe aux signaux d’émancipation envoyés ces dernières semaines par Abdourahmane Diouf et Mimi Touré, tous deux considérés comme des figures politiques difficiles à canaliser.
Justice, rigueur et reddition des comptes
Fidèle à son registre, Sonko n’a pas limité son discours à la politique politicienne. Il a rappelé la centralité de la justice et de la reddition des comptes, promettant que « ceux qui ont pillé les ressources publiques au nom du peuple devront rendre des comptes ».
« La justice doit redevenir le rempart du peuple », a-t-il insisté, tout en dénonçant certains magistrats qui, selon lui, « ne sont pas en phase avec l’intérêt général ». Le Premier ministre appelle à un « nettoyage profond » de l’appareil judiciaire pour rétablir la confiance des citoyens.
Sur le plan économique, il a défendu une ligne de rigueur : réduire les dépenses de l’État, rationaliser les structures administratives et taxer les produits non vitaux pour dégager des marges d’investissement et honorer la dette. « Nous devons éviter la récession, la dépendance et le chaos économique », a-t-il martelé, sous les applaudissements du public.
Unité et mobilisation
Ousmane Sonko a ensuite appelé ses partisans à une nouvelle phase de mobilisation : inscription sur les listes électorales, préparation des locales et unité autour du projet du parti. Il a réaffirmé son lien fort avec le président Bassirou Diomaye Faye, précisant que ce dernier, empêché par un contretemps, devait initialement assister à la rencontre.
« Diomaye et moi partageons la même vision, les mêmes valeurs, le même engagement », a-t-il insisté, avant d’avertir : « Nous ne laisserons personne briser ce lien. »
Tolérance zéro pour les dérives internes
Dans une formule qui a marqué les esprits, le Premier ministre a lancé : « Tout membre du PASTEF qui détournera le moindre franc du peuple ira en prison. » Cette phrase, simple et radicale, résume sa volonté d’appliquer la même exigence morale à ses propres partisans qu’à ses adversaires.
En conclusion, Sonko a voulu tracer une ligne nette : loyauté, rigueur et responsabilité. « Nous avons pris le pouvoir pour servir le peuple, pas pour le tromper », a-t-il résumé.
Un message à double portée
Au-delà du contenu économique et moral, ce discours a surtout valeur de message politique. Sonko y affirme sa place de pilier idéologique du régime et adresse un avertissement à ceux, au sein ou en dehors de la coalition, qui voudraient contester sa légitimité.
En désignant Abdourahmane Diouf et en visant implicitement Mimi Touré, le Premier ministre rappelle que la rupture qu’il prône passe aussi par une discipline politique sans faille. À la veille d’un nouveau cycle électoral, il réaffirme sa ligne : la loyauté comme boussole, la justice comme horizon, et la rupture comme credo.
Babacar Khady SALL











