Politique

« Arracher une jeunesse à l’emprise de Lucifer »: Mary Teuw Niane s’en prend encore à Ousmane Sonko et Pastef

Mary Teuw NIANE et Macky Sall
Mary Teuw Niane et l'ancien président Macky Sall

Le proche collaborateur du président de la République a publié, ce dimanche, une nouvelle tribune intitulée « Arracher une jeunesse à l’emprise de Lucifer ». Dans ce texte consacré aux dangers du numérique et à l’éducation de la jeunesse, le professeur Mary Teuw Niane dénonce la rumeur, l’invective et la haine sur les réseaux sociaux. Une nouvelle sortie qui intervient après plusieurs textes aux accents critiques envers Ousmane Sonko et son parti Pastef.

Cela semble devenu un rituel dominical. Chaque dimanche, le professeur Mary Teuw Niane publie un texte politique sur sa page Facebook. Après « L’imposteur », « Le gourou et la secte », « Le totalitarisme rampant » et « Reconquérir le bonheur de vivre ensemble », le proche collaborateur du président de la République revient à la charge avec une nouvelle tribune. Intitulé « Arracher une jeunesse à l’emprise de Lucifer », le texte publié ce dimanche 20 septembre 2026 s’intéresse au numérique, à l’éducation et aux valeurs que la jeunesse sénégalaise devrait, selon lui, privilégier.

Comme dans ses précédentes contributions, le professeur ne cite pas nommément Ousmane Sonko ni Pastef. Mais plusieurs passages de son texte s’inscrivent dans la continuité de ses critiques à l’endroit du leader de Pastef et de sa formation politique.

Le numérique au service de la haine

Dans cette nouvelle tribune, Mary Teuw Niane part du rôle des technologies numériques dans la société. Il reconnaît à Internet et aux réseaux sociaux une place majeure dans les conquêtes scientifiques et technologiques de notre époque. Ces outils permettent, selon lui, de « créer, d’apprendre, de transmettre et de transformer ».

Mais cette puissance peut également être détournée. « Le même outil peut servir la connaissance ou l’ignorance, rapprocher ou diviser, éclairer ou aveugler », écrit-il. Le professeur dénonce notamment l’utilisation du numérique pour diffuser « le mensonge, la calomnie, la haine et l’humiliation ». C’est dans ce contexte qu’il évoque les « tentations de Lucifer », titre qui donne son orientation à la tribune.

Selon lui, des consciences fragiles peuvent être manipulées et transformées en « meutes numériques ». Il reproche à ces dernières de confondre « l’insolence avec le courage, la rumeur avec l’information et l’invective avec le débat ». « Quand la meute crie, la vérité finit par ne plus être entendue », affirme-t-il.

« La meute suit. La jeunesse libre pense »

Pour Mary Teuw Niane, la réponse à ces dérives passe par l’éducation et la maîtrise des outils numériques. Il estime que l’alphabétisation ne doit plus se limiter à l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. « Alphabétiser aujourd’hui, ce n’est plus seulement apprendre à lire et à écrire. C’est aussi savoir calculer, comprendre, vérifier une information, accéder au savoir et maîtriser les outils numériques », explique-t-il. Il ajoute : « Être alphabétisé au XXIᵉ siècle, c’est aussi savoir distinguer le vrai du faux. »

Le professeur insiste également sur la nécessité d’inculquer à la jeunesse le goût de l’effort et le sens des responsabilités. Apprendre, travailler, patienter, acquérir des compétences et relever les défis de la Nation constituent, à ses yeux, les exigences d’un véritable projet d’avenir. « Il n’y a pas de grand avenir sans effort, sans savoir et sans discipline », soutient-il.

Dans son texte, il oppose ensuite deux chemins. Le premier est celui de « la facilité », caractérisé par « la rumeur, l’invective, le manichéisme, le jugement sans preuve, la haine de celui qui pense autrement ». Le second exige de « lire, apprendre, vérifier, écouter, réfléchir, argumenter, reconnaître ses erreurs et respecter l’adversaire ». « Le premier chemin produit du bruit. Le second construit l’avenir », écrit-il, avant de conclure : « La meute suit. La jeunesse libre pense. »

Les valeurs sénégalaises comme rempart

La tribune est également consacrée à la défense des valeurs qu’il considère comme les fondations morales de la société sénégalaise. Mary Teuw Niane cite notamment le jom, le wer, le fit, le yaru, le sutura, le xam, le yewen et le dëggu, qu’il traduit par « dignité, honneur, retenue, respect, savoir, générosité, vérité et conscience ». « Ces valeurs ne sont pas les vestiges du passé. Elles sont les fondations morales de notre modernité », affirme-t-il.

Il plaide pour une jeunesse capable de maîtriser les technologies les plus avancées sans perdre la maîtrise d’elle-même, de s’ouvrir au monde sans renier ses racines et de débattre sans haine.

« Nous voulons une jeunesse capable de maîtriser les technologies les plus avancées sans perdre la maîtrise d’elle-même ; ouverte au monde sans renier ses racines ; capable de débattre sans haïr, de contester sans humilier et de s’opposer sans déshumaniser », écrit-il.

« Reprenons le numérique aux marchands de haine »

Dans la dernière partie de sa tribune, Mary Teuw Niane appelle à faire des téléphones, des ordinateurs et des réseaux sociaux des instruments de connaissance, d’éducation, d’innovation, d’unité et de solidarité. « Que nos téléphones soient des fenêtres sur le monde, jamais des prisons pour nos consciences », lance-t-il.

Il met en garde contre une utilisation de la technologie qui conduirait à la perte du libre arbitre. « La technologie nous donne des outils. Elle ne doit jamais nous voler notre libre arbitre », écrit-il.

Le professeur appelle ensuite à reprendre le numérique « aux marchands de haine » et la jeunesse « à ceux qui veulent l’égarer ». « Reprenons nos consciences à ceux qui veulent les asservir », poursuit-il.

Dans cette nouvelle sortie, Mary Teuw Niane ne formule pas de critique nominative contre Ousmane Sonko ou Pastef. Toutefois, les références à la « meute numérique », à la haine de celui qui pense autrement et à l’invective s’inscrivent dans la série de textes publiés ces dernières semaines, dans lesquels le proche collaborateur du chef de l’État s’est montré particulièrement critique à l’égard de l’univers politique de Pastef.

Il conclut en appelant à faire de la jeunesse sénégalaise « une armée de créateurs, de bâtisseurs et de citoyens », plutôt qu’une « armée de consommateurs de contenus ». « Tel est notre ADN. Tel doit rester notre cap », écrit le professeur Mary Teuw Niane, qui signe sa tribune depuis Dakar, ce dimanche 20 septembre 2026.

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