Dette des pays africains : Macky Sall câble Pompeo, remercie les USA et plaide encore l’allégement
La pandémie de coronavirus, qui continuer de faire mal à notre pays, n’a donc pas réussi à faire oublier au président de la République son sujet favori du moment : l’allégement voire la suppression de la dette des pays africains. Macky Sall a, en effet, discuté jeudi dernier du sujet avec le secrétaire d’État des États-Unis Mike Pompeo. Le chef de l’Etat en a profité pour évoquer d’autre question comme la pandémie mondiale du coronavirus.
Macky Sall ne lâche plus la question de l’allégement voire la suppression de la dette des pays africains. Et il faut croire que les pays développés et autres institutions concernés vont devoir faire le président sénégalais.
En effet, alors que l’Afrique est particulièrement exposée à la pandémie, notamment avec son plateau médical fragile, le dirigeant sénégalais avait vite fait savoir que le continent n’était pas à même de faire face, tout seul, à la pandémie. Macky Sall avait alors plaidé l’annulation complète des dettes publiques africaines. « L’Afrique à l’image du monde est gravement atteinte par la pandémie du Covid-19 qui va durablement impacter son économie. Je demande à nos partenaires bilatéraux et multilatéraux d’accompagner la résilience du continent africain, en annulant sa dette », avait plaidé Macky Sall.
Par la suite, ce qu’il convient d’appeler l’appel de Dakar a reçu tant de soutiens à travers dont le plus rayonnant reste à ce jour celui du Pape François. Le souverain pontife, dans son pascal, en avril dernier, proposait « de réduire » voire « d’annuler » la dette des pays pauvres, et lancé un appel à un allègement des sanctions internationales et à la solidarité de l’Europe face à la pandémie de coronavirus.
Mais depuis lors les choses se sont calmées, sans doute à cause de l’ampleur de la pandémie qui n’a cessé de s’aggraver au cours du temps.
Alors, puisqu’il est désormais question de « relance » et le moment d’apprendre à vivre avec le virus, le président de la République est revenu à la charge. En début de mois, Macky Sall a joint par téléphone le secrétaire d’État Michael R. Pompeo plus connu sous le nom de Mike Pompeo.
Lors de l’entretien téléphonique qui a eu lieu le jeudi 2 juillet 2020, le chef de l’Etat sénégalais a commence par remercier le patron de la diplomatie américain de l’aide que son pays a apporté au Sénégal dans le cadre de la lutte contre la pandémie mondiale de la Covid 19.
« Le secrétaire d’État Michael R. Pompeo s’est entretenu jeudi 2 juillet avec le président sénégalais Macky Sall, qui a remercié les États-Unis pour leurs contributions à la réponse du COVID-19 au Sénégal », renseigne le département d’Etat dans un communiqué dont une copie est parvenue à Les Echos. La même source d’indiquer plus loin que « le Secrétaire Pompeo a souligné notre engagement à cultiver une relation commerciale avec le Sénégal ».
Plus important, le président Macky Sall a profité de la discussion pour évoquer la question qui le tient à cœur depuis quelque temps : celle de l’allégement ou de la suppression de la dette des pays africains.
A ce propos, le document note que « le président Sall et le secrétaire Pompeo ont également discuté de la proposition du président Sall d’alléger la dette des pays vulnérables en réponse à la pandémie ».
Rappelons que les pays africains travaillent également sur une solution innovante qui leur permettrait d’alléger leur dette internationale privée, tout en permettant à leurs créanciers d’être remboursés.
C’est le président Macky Sall qui a fait la révélation lors d’une intervention dans le cadre du débat sur la résilience de l’Afrique, organisé par le New York Forum Institute en mai dernier.
La solution qui est proche de la titrisation sur les marchés financiers consiste selon Macky Sall, à mettre en place un véhicule spécial d’investissement au sein duquel serait titrisé l’ensemble des dettes commerciales dues par des gouvernements africains à des créanciers étrangers.
« Ce véhicule pourrait recevoir la garantie des pays partenaires, voire des pays du G20 qui utiliseraient ainsi leurs droits de tirage spéciaux pour rassurer les investisseurs », a expliqué le président sénégalais.