Politique

Insultes et invectives dans l’arène politique : quand responsables de l’Apr et du Pastef jouent à «qui est le plus arrogant»

Ousseynou Ly et Sadikh Top du Pastef - Yankhoba Diattara et Pape Mahawa Diouf Bby
Ousseynou Ly et Sadikh Top du Pastef - Yankhoba Diattara et Pape Mahawa Diouf Bby

Au Sénégal, à l’approche d’élections locales aux enjeux grands et multiples, les acteurs politiques s’excitent et se ruent dans un malheureux concours qu’il convient d’appeler le « qui est le plus arrogant ? ». Et si le processus démocratique est déjà fortement souillé par des actes de violence physique au niveau de plusieurs localités du pays, en prélude à ces élections locales, il faut croire que cette violence n’est pas que physique. En effet, la violence verbale semble atteindre sa vitesse de croisière au point de faire trembler les plus courageux avec les démons des malheureux et violents événements de Mars 2021. Prétextant de la convocation du candidat de la coalition Yewwi Askan Wi à la ville de Dakar et l’appel de l’opposition à l’accompagner au tribunal, certains acteurs se sont donner en spectacle, la plus part sur les réseaux sociaux.

D’une surenchère politique à l’autre, la vie politique sénégalaise semble suspendue depuis quelques années aux entre insultes et menaces. Dans un pays ou la diatribe est un sport national, certains acteurs semblent ne savoir l’ouvrir que pour insulter ou menacer. Hier durant toute la journée sur les réseaux sociaux, prétextant de la convocation au tribunal de Barthélémy Dias, candidat de la coalition Yewwi Askan Wi à la ville de Dakar, certains acteurs se sont signaler dans les invectives les unes plus dégoûtantes que les autres.

C’est le Directeur général de l’Agence sénégalaise de promotion touristique (Aspt) Pape Mahawa Diouf qui a malheureusement ouvert le bal. À travers un publication postée sur internet le 8 novembre peu après 23 heures, le responsable politique de l’Apr à Fatick attaque avec des armes conventionnelles.

Condamnant l’appel de l’opposition à accompagner Barthélémy Dias au tribunal, Pape Mahawa Diouf assure qu’une opposition incapable de structurer ses dossiers de candidature ne peut être une alternative à Benno Bokk Yaakaar.

« Attaquer l’autorité administrative est irresponsable. Elle (l’opposition) ne peut se prévaloir de sa propre turpitude. Barthelémy Dias se joue de nous, il est le scénariste de sa propre comédie criminelle et judiciaire. Ousmane Sonko est un apprenti terroriste puisqu’il pense que c’est par l’arrogance, la menace et la violence qu’on peut conquérir le pouvoir », note le Porte-parole cellule de communication de Benno Bokk Yaakaar, assurant aux deux personnes citées qu’ils se trompaient de pays et les Sénégalais se rappelleront de leur « rhétorique » et de leur « style violent, belliqueux, agité et discourtois ».

Faisant allusion au Directeur de l’Aspt, le membre du Secrétariat national à la communication de Pastef Ousseynou Ly, note que si certaines «Ladies Night» se voient primées avec des passeports diplomatiques, c’est parce que leurs toits avaient abrité les trouillards du régime qui se sont réfugiés… pour échapper à la furie populaire du mois de mars.

« Pour mars 2021, certains ont préféré Dubaï, d’autres ont préféré les hôtels de la petite côte. Mais les véritables lascars-peureux comme ‘’l’homme au 1500 terrains’’ ont choisi les villas chaudes et douillettes de certaines avenues de Dakar. Motif donné à la famille : nous avons été réquisitionnés pour sécurité d’état. Sécurité d’Etat, mon œil », raille-t-il. Et d’ajouter : « J’adore Mars, parce que c’est une planète qui donne espoir. J’adore mars parce que c’est un mois qui a révélé beaucoup de sous-hommes. Mars est loin, vas-y… ».

Et comme si cela ne suffisait pas, un ministre de la République a décidé de descendre avec tout ce beau monde dans les caniveaux. Il s’agit du Ministre de l’Économie numérique et des Télécommunications, Yankhoba Diattara. Le nouveau lieutenant de Idrissa Seck a déclaré lors d’un point de presse de leur coalition que « Barthélemy Dias comme Ousmane Sonko ont les mains entachées de sang ». « Si on applique les dispositions légales et réglementaires, Barthélemy Dias ne doit pas être candidat aux prochaines élections… C’est aussi le cas pour Ousmane Sonko qui a 14 morts entre ses mains », a jugé le ministre qui est allé jusqu’à dire à l’endroit de Barthélemy Dias, de Ousmane Sonko ou encore du « bébé politique » Bougane Gueye que «le président Macky Sall n’est même pas l’égale de leur père ». Avant de finir par révéler que si Thiès n’a pas été touché par les évènements de Mars 2021, « c’est parce que nous leur avons fait comprendre que s’ils venaient à toucher ne serait-ce qu’un cheveux d’un Thièsois, nous allions les bruler vif avec les membres de leur famille ».

Mais pour lui aussi, la réponse n’a pas tardé. C’est le membre de Pastef Thiès, Ababacar Sadikh Top qui lui a porté la réplique. L’ex journaliste à la 2Stv va tout simplement retrouver le ministère sur le terrain des insultes. «Nous ne sommes pas étonnés, pour qui connaît Yankhoba Diattara, de l’entendre dire de telles idioties à l’encontre de Ousmane Sonko. Tel un chien dressé par Pavlov pour obéir sans réflexion – mais avec un réflexe de conditionnement connu de tous à Idrissa Seck- Yankhoba Diatara enjambe le pas de son maître à penser, celui à qui il s’est donné pieds et mains liés sans limite ni principe, encore moins de conviction, si ce n’est de suspendre sa pensée et en suivant aveuglément un homme dont la légèreté de la parole a déjà fait le tour du monde, à telle enseigne que ses sorties coagulées ne pèsent pas plus qu’une plume», tacle-t-il

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